Question de Jérôme Toussaint, conseiller de police.

Fin mars, un groupe de militants écologistes ont dégonflé les pneus de près de 200 SUV garés à Gand et à Bruxelles (dont une dizaine de cas estimés à Uccle selon la presse); empêchant ainsi les propriétaires d’aller travailler, d’aller conduire leurs enfants à l’école ou d’utiliser leur véhicule en cas d’urgence, voire même de leur faire courir un risque mortel (cf. cas récent d’une suissesse dont une roue a soudainement perdu tout son air sur l’autoroute).

À noter que les véhicules hybrides et 100 % électriques ont aussi été visés par cette action malveillante.

Sur base de ce qui précède, mes questions sont les suivantes :

– combien de véhicules ont finalement été touchés sur notre territoire dans la nuit du 30 au 31 mars ; et y a-t-il eu de nouveaux cas depuis lors ?
– notre police a-t-elle pris des gens sur le fait ?
– avons-nous eu recours à notre réseau de caméras pour identifier/retrouver d’éventuels suspects ?
– que risquent concrètement les auteurs de ces actions illégales ?
– outre le caractère plus ou moins dissuasif des sanctions, comment prévenir un tant soit peu ce phénomène qui semble prendre de l’ampleur ici et ailleurs ?       

– enfin, quels conseils pourrions-nous donner aux personnes victimes de cette pratique (porter plainte, ne pas utiliser son véhicule après coup par précaution,…) ?

La réponse est la suivante :

Nombre de véhicules touchés à Uccle : Nous estimons qu’une grosse dizaine de véhicules de type SUV ont eu un ou deux pneus dégonflés. Le chiffre précis est inconnu car notre zone de police n’a acté que 3 plaintes. Nous nous basons sur les témoignages des plaignants et les informations récoltées. Il n’y a pas eu d’autres faits les nuits suivantes.

Les rues visées sont Alphonse Asselbergs et Beeckman.

Suspects : Notre zone de police n’a pas interpellé de suspects en flagrant délit. Elle prend l’affaire très aux sérieux. Une victime qui disposait d’images via sa dashcam a été encouragées à déposer plainte (dommage mineur) afin de pouvoir exploiter les images. Il en ressort que 4 individus (trois hommes et une femme) ont agi sur notre territoire vers 23h dans la nuit de jeudi à vendredi. Ils avaient tous le visage masqué à l’exception d’un photographe de l’organisation. Nous essayons d’identifier cette personne pour poursuivre l’enquête.

Caméras : les images des caméras urbaines n’ont pas amené d’éléments nouveaux vu leur position assez éloignée des faits. Les images de la dashcam sont de très bonne qualité et sont donc exploitées.

Poursuites : dans le cas où des suspects seraient arrêtés en flagrant délit ou identifiés après enquête, la voie judiciaire dépendrait du Parquet de Bruxelles qui déciderait de l’opportunité de poursuivre dépendant du contexte et du caractère répétitif. La voie administrative peut être envisagée sur base de plusieurs articles du règlement général de police. Une sanction allant jusqu’à 350 euros peut être proposée par le fonctionnaire sanctionnateur.

Les groupements radicaux sont suivis par la police fédérale et les cellules radicalismes des zones de police.

Prévention : il est très difficile de prévenir ce genre d’incivilité. L’organisation propose des kits à destination des volontaires en expliquant comment dégonfler un pneu et revendiquer les faits sur les réseaux sociaux. Toutes les personnes intéressées sont invitées à participer dans leur quartier/ville. La visibilité des actions comme celle de fin mars pourraient inciter d’autres personnes à rallier cette « cause ». L’ampleur de cette opération a permis une publicité dans toute la presse et les réseaux sociaux.

Conseils : Nous recommandons toujours aux victimes de déposer plainte via police on web. Cela permet de récolter des éléments d’enquête et de suivre le phénomène.