Le Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale, Boris Dilliès, a signé un arrêté de police qui instaure un cadre intégré de lutte contre le narcotrafic et les violences liées. Il remplace les arrêtés prolongés tous les six mois depuis le lancement de la stratégie régionale en 2024. Le dispositif devient un cadre durable, évalué en continu et adaptable rapidement au terrain.
Entre le 1er janvier 2026 et le 30 septembre 2026, 74 fusillades ont été recensées à Bruxelles, faisant 2 morts et 28 blessés, et alimentant un climat d’insécurité dans plusieurs quartiers bruxellois.
“Le narcotrafic ne connaît pas les frontières communales. Notre réponse ne peut plus en avoir. La région fixe un socle commun pour tout Bruxelles, et les bourgmestres, qui connaissent leurs quartiers mieux que personne, disposent des outils pour aller plus loin si nécessaire”, déclare Boris Dilliès.
Trois niveaux d’action
L’arrêté organise la riposte sur trois niveaux.
- Dans toute la région. Le Ministre-Président fixe des règles communes : interdiction des engins pyrotechniques régulièrement utilisés contre les policiers et les services de secours et interdiction de vente du protoxyde d’azote, sauf aux professionnels.
- Dans les 19 hotspots. Dans les quartiers où le trafic est le plus concentré, les mêmes règles renforcées s’appliquent partout :
- Nouveau : circulation et stationnement des trottinettes électriques, partagées ou privées, interdit. Entre janvier 2025 et juillet 2026, une trottinette a été utilisée dans plus d’un quart des fusillades liées au trafic, pour tirer ou pour fuir.
- Nouveau : chaque hotspot est évalué tous les trois mois par le bourgmestre. Un quartier peut être ajouté ou retiré à sa demande.
- Maintenu: interdiction de s’y rendre dans le seul but d’acheter de la drogue.
- Maintenu: interdiction de consommer de l’alcool sur la voie publique et de vendre de l’alcool à emporter entre 22h et 6h (hors horeca).
- Maintenu: contrôles d’identité, saisies administratives et fouilles de sécurité par la police, 24h/24.
- Des mesures en cas de menace grave. Lorsque la situation l’exige, le bourgmestre peut aller plus loin dans un hotspot :
- Zone de circulation réservée aux riverains.
- Interdiction de rassemblement.
- Fermeture nocturne d’établissement.
- Couvre-feu
- Limitation de vitesse
- …
Le bourgmestre reste le premier responsable de l’ordre public dans sa commune. Mais la loi donne au Ministre-Président le pouvoir d’intervenir à sa place lorsque les troubles s’étendent à plusieurs communes, lorsque les mesures nécessaires ne sont pas prises au niveau local, ou lorsque l’intérêt général l’exige.
Ce texte formalise une réponse régionale forte en matière de sécurité.
« Mon rôle est de faire avancer tout le monde dans la même direction : les bourgmestres, les zones de police, le parquet et les acteurs de prévention et de sécurité. Chacun garde ses responsabilités. Mais face à des réseaux qui se jouent des frontières communales, c’est à la Région de tenir le cap pour l’ensemble de Bruxelles. Nous ne laisserons aucun quartier aux mains de ceux qui tirent dans nos rues », conclut le Ministre-Président.



