Le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale a décidé d’interdire les trottinettes en libre-service sur son territoire à compter du 1er janvier 2027. L’autorisation accordée aux opérateurs actuels expire fin 2026. A partir de cette date, les nouveaux opérateurs ne pourront plus mettre en location des trottinettes partagées. Cette décision fait suite à la hausse du nombre d’accidents, aux nuisances croissantes pour les autres usagers de la route et à l’utilisation des trottinettes en libre-service à des fins criminelles. Parallèlement à cette décision, le gouvernement approuve une vision stratégique ambitieuse dans laquelle le vélo électrique en libre-service devient une pierre angulaire de l’oKre de transport. Un successeur à Villo! devra être disponible au plus tard en septembre 2028.
À Bruxelles, on constate une augmentation inquiétante des accidents de trottinette : 666 blessés impliquant des trottinettes électriques en 2025, soit une hausse de pas moins de 26 % par rapport à l’année précédente. Les analyses soulignent que les blessures sont de nature diDérente, aDectant plus souvent la tête et le visage. Les trottinettes mal stationnées entravent régulièrement la circulation des autres usagers de la voie publique et peuvent parfois constituer de véritables obstacles ; un problème vécu encore plus spécifiquement par les personnes à mobilité réduite.
Le Procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil, avait déjà attiré l’attention sur l’augmentation du nombre d’accidents de la circulation dans une circulaire adressée au président de la Conférence des bourgmestres. Dans la même lettre, il rappelait également que les trottinettes en libre-service sont également de plus en plus utilisées à Bruxelles par le crime organisé et les trafiquants de drogue : elles ont été impliquées à 25 reprises dans des fusillades survenues dans la capitale l’année dernière.
L’interdiction des trottinettes en libre-service constitue ainsi un soutien supplémentaire aux autorités judiciaires et aux services de police dans leur lutte contre la criminalité.
Comme à Madrid, Paris et Prague
La mesure entrera en vigueur au début de l’année 2027, à l’expiration des licences accordées aux opérateurs actuels de trottinettes en libre-service, à savoir Bolt et Dott.
Cette décision n’aDectera pas l’oDre de vélos en libre-service, qui sera maintenue à Bruxelles. Les nouveaux opérateurs susceptibles d’entrer sur le marché ne pourraient d’ailleurs proposer que des vélos en libre-service. Les modalités de la réforme visant à instaurer un nouveau régime d’autorisation pour les vélos en libre-service doivent encore être précisées.
En mettant fin aux trottinettes en libre-service, Bruxelles s’inscrit dans une tendance déjà observée dans plusieurs grandes villes : à Paris, Madrid et Prague, les trottinettes en libre-service ont déjà disparu du paysage urbain.
La concession actuelle du service Villo!, exploitée par JC Decaux, arrive à échéance en septembre 2026. Afin de garantir la continuité du service et de permettre aux Bruxellois de continuer à disposer d’une oDre de vélos en libre-service durant la transition vers un nouveau modèle, l’opérateur actuel prolongera son exploitation jusqu’en septembre 2028 au plus tard.
À cette échéance, un nouveau système de vélos en libre-service à stations fixes devra être mis en place. Plusieurs principes sont d’ores et déjà acquis : le réseau continuera à couvrir l’ensemble des quartiers bruxellois grâce à des stations fixes, les vélos seront électriques et l’organisation du service restera sous le contrôle de la Région bruxelloise, qui en confiera l’exploitation dans le cadre d’un marché public.
BORIS DILLIES, Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale : « La décision d’exclure les trottinettes en libre-service du paysage urbain bruxellois s’inscrit dans une politique claire et cohérente. Souvent synonyme de désordre, les trottinettes en libre- service sont source de nuisance, entraînent des blessures graves, encombrent les rues et sont malheureusement de plus en plus utilisées par le crime organisé. Nous choisissons, à l’instar de Paris, Madrid et Prague, d’exclure les trottinettes en libre- service. Nous visons ainsi à Bruxelles une oDre de transport sure et fluide et concilions les déplacements individuels avec l’ordre public. Les vélos en libre-service, en revanche, restent pour nous un élément incontournable d’une politique de mobilité moderne. »
ELKE VAN DEN BRANDT, Ministre de la Mobilité de la Région de Bruxelles-Capitale :
“Une personne qui chute avec une trottinette court plus de risque de se blesser qu’une personne qui chute avec un vélo, et les trottinettes en libre-service mal garées rendent les trottoirs encore plus diDiciles à parcourir pour les personnes à mobilité réduite, les parents avec des poussettes ou les personnes âgées. Cette décision va plus loin que la sécurité seule : il s’agit de choisir une ville disposant de suDisamment d’alternatives pour se déplacer rapidement et eDicacement. C’est pourquoi les vélos en libre-service resteront disponibles et pourquoi nous oDrirons à Villo! une mise à jour attendue depuis longtemps.”



