Aller au restaurant, boire un verre pour les personnes aveugles/malvoyantes n’est pas chose aisée. Tout commence par l’accès au restaurant, au café qui n’est jamais sans embûche. Ensuite, lorsque la personne est accompagnée d’un chien guide, il faut encore que l’établissement l’accepte. Même si celui-ci ne peut légalement pas lui refuser l’accès, c’est malheureusement souvent le cas. Et c’est bien triste.

Arrive ensuite le moment de choisir ce que l’on va manger et boire durant le repas… Et là, une fois de plus, il faut compter soit sur la bienveillance du serveur qui veut bien lire ce qu’il y a sur la carte, soit sur la personne qui accompagne la personne qui est malvoyante ou aveugle… Nombreuses sont les embûches, ce qui ne donne pas le courage à ces personnes de se rendre dans un établissement horeca ! Je me demande donc pourquoi les restaurants et les cafés ucclois ne mettraient pas à disposition des clients une carte dont la traduction aurait été faite en braille ?

Lors du Conseil communal de ce 10 décembre, notre commune a renouvelé son adhésion à la « Charte communale de l’Inclusion de la personne en situation de handicap ». Les membres du Conseil ont également pris acte du rapport d’activités du Conseil consultatif communal de la personne en situation de handicap. Il faut d’ailleurs saluer le travail remarquable des membres du CCCPSH !

Le conseil consultatif communal de la personne en situation de handicap d’Uccle a-t-il fait des propositions aux établissements ucclois d’aider et/ou de financer la traduction en braille de leurs cartes? Le conseil consultatif en a-t-il l’intention ? Si oui, quand ? Et si non, pourquoi ?

Il s’agirait d’un pas de plus vers l’inclusion des personnes malvoyantes/aveugles qui sont trop souvent exclues de notre société ! Les personnes souffrant de ce handicap pourraient enfin retrouver une certaine autonomie. Chaque établissement ucclois devrait pouvoir proposer une telle carte aux personnes qui en éprouvent le besoin. Notre commune, via le conseil consultatif pourrait peut-être y contribuer.

Je vous remercie d’ores et déjà pour vos réponses et pour le suivi que vous accorderez à cette demande.

Réponse

La question écrite de Mme Aurélie Czekalski a été transmise aux membres non-voyants du Conseil Consultatif Communal des Personnes en Situation de handicap ( Mr. Frédéric Storme , président du conseil et Mr. Yves Vandermeulen). Elle sera également débattue lors de la prochaine réunion plénière du CCCPSH. 

Voici leurs réponses :

– L’accès aux restaurants et cafés est parfois compliqué, surtout si à la belle saison une terrasse est installée devant l’établissement. L’entrée est souvent rétrécie par le mobilier mis en place. 

En ce qui concerne  l’accueil du chien guide, Frédéric Storme estime que son acceptation, même si majoritairement se passe plutôt bien, reste toujours une inconnue. Il sent parfois une réticence, voir une peur des autres convives déjà installés, devant souvent se bouger pour laisser passer non seulement le malvoyant mais également son chien.

– En ce qui concerne  le menu transcrit en braille, ils estiment que cela s’avère compliqué pour les restaurants changeant régulièrement leurs menus. Pour ceux gardant une base fixe de plats traditionnels, cela pourrait s’envisager mais ne constitue certainement pas une priorité. En effet, parmi les personnes concernées, seulement une  sur cinq peut lire les cartes en braille et celles-ci coûteraient deux à trois fois plus cher qu’une carte audio ou sonore. 

Ils estiment beaucoup plus simple d’avoir accès à la carte des menus en utilisant leur smartphone via un logiciel de lecture. Ils insistent pour que le site de l’établissement soit bien accessible afin de le consulter soit dans le restaurant, soit le plus souvent à leur domicile avant de se rendre au restaurant. La personne déficiente visuelle  se rendant seule dans un restaurant est particulièrement concernée. Lorsqu’elle est accompagnée  d’une personne voyante le souci ne se pose pas car  « une lecture de la carte n’est qu’un acte civique, de bon sens, voir amical ».

La question sera mise à l’ordre du jour d’une prochaine réunion du CCCPSH. 

Les membres déjà consultés estiment pouvoir contribuer à une  initiative communale de sensibilisation des cafetiers et restaurateurs à améliorer l’accueil des personnes déficientes visuelles. Ils insistent sur la nécessité d’utiliser tous les moyens technologiques disponibles pour faciliter la consultation de la carte et le paiement sécurisé  et d’informer de l’obligation d’accepter un chien d’assistance au sein de leur établissement.