Alors que la Commune a introduit un recours contre le projet de construire par la SLRB des immeubles de logements sur une des grandes parcelles vertes de notre commune, la position du Collège a reçu un coup de pouce de la Justice à la suite de l’action en justice entreprise par le collectif « we are nature ». La justice, dans un jugement historique, a imposé à la Région bruxelloise de geler l’urbanisation de ses grands terrains naturels. Mieux, la Région a été condamnée à suspendre toute urbanisation et imperméabilisation des terrains non bâtis de plus d’un demi-hectare (50 ares) jusqu’à fin 2026, ou jusqu’à l’adoption d’un nouveau plan d’aménagement (PRAS). Un jugement exceptionnel qui, selon la justice, vise à contraindre la Région à intégrer les impératifs climatiques dans sa politique du territoire.
La Liste du Bourgmestre (MR-DéFI-Indépendants) se réjouit de cette décision et félicite l’association pour cette première victoire qui invite les pouvoirs publics à ne plus développer des projets immobiliers sans tenir compte de l’environnement. C’est de fait une sorte de moratoire sur l’artificialisation des sols bruxellois qui a été consacré par la justice bruxelloise et qui protègera toutes une série de sites emblématiques à Uccle mais aussi dans les communes limitrophes où le marais Wiels et le Bempt sont temporairement protégés. Cette décision gèle un certain nombre de projets, ce qui constitue une première, le tribunal insistant sur le caractère « anachronique » du PRAS actuel, adopté en 2001 et imposant à la Région d’intégrer dans ses plans les impacts climatiques, les zones humides, les capacités de captation de carbone ou encore les effets d’îlots de chaleur. Urbaniser à tout prix, c’est détériorer la qualité de vie et la résilience de la ville.
Nous invitons la Région à ne pas faire appel de cette décision qui offre une réelle chance de repenser nos rapports entre nature et développement urbain. Nous regrettons que le groupe PS n’ait pas offert ses voix à la protection de l’environnement et préfère continuer l’imperméabilisation des sols et le soutien indéfectible à la construction de logements du moment qu’ils soient sociaux. Or, quand on imperméabilise, on aggrave les effets des épisodes météo extrêmes, les inondations deviennent plus violentes, les canicules plus fréquentes et mortelles, la pollution plus concentrée.
Nous rejoignons également Jean-Baptiste Godinot de l’association « We are Nature » pour qui l’enjeu dépasse la seule écologie et appelant à sortir du narratif toxique qui oppose logement social et espaces naturels. Tous les Ucclois désirent un accès à un logement sain et à une nature saine pour tous. Repenser de nouveaux possibles ensemble, tel est le sens de notre appel et engagement pour qu’Uccle et Bruxelles s’envisagent, se projettent sans sacrifier la biodiversité ni la sécurité climatique de ses habitants.
Si notre belle commune et notre Région souhaitent garder leurs habitants, c’est en préservant cette qualité de vie, ce cadre vie. Ne pas saisir le message adressé par la justice bruxelloise ne fera qu’alimenter l’exode urbain.
