Question de Mme Marion Van Offelen, conseillère de police.

Pressions psychologiques, violences physiques, spoliation financière, mise sous tutelle abusive, négligences, infantilisation et brimades, menaces de rejet, humiliation, injures, privation de visites ou de soins, privation de carte d’identité ou placement en institution de force, les plaintes pour maltraitances des seniors sont récurrentes et les chiffres élevés nous interpellent. 

La Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées qui a lieu le 15 juin de chaque année nous rappelle que cette problématique mérite toute notre attention.

Comme nous le savons tous, Uccle est une des trois communes les plus âgées de Bruxelles.  La question du vieillissement de la population et ses conséquences se pose donc avec une acuité particulière dans notre commune.  

Uccle détient également un record quant au nombre de structures d’accueil des personnes âgées : en tout 26.

La maltraitance concerne surtout les personnes de plus de 75 ans, des femmes plus que des hommes.

Selon des enquêtes ciblées 20 à 25 % de personnes âgées subissent une forme de maltraitance. L’auteur de la maltraitance est d’abord un membre de la famille (2/3 des cas), devant un professionnel en institution et l’entourage proche. 

Les maltraitances se produiraient donc surtout à domicile, plutôt qu’en institution. Elles peuvent être insidieuses, multiformes. 

Il n’est pas toujours évident de déceler la maltraitance car les victimes restent souvent silencieuses. Elles se sentent impuissantes, craignent des représailles, ont peur d’être totalement abandonnées.

Parmi les priorités stratégiques de notre zone de police se trouve la Sécurité des seniors.

Mes questions sont les suivantes :

–        Existe-t-il des estimations de cas de maltraitance des aînés au niveau de notre zone de police, que ce soit à domicile, dans des institutions publiques ou privées ?

–        Est-ce que les services de la police sont appelés pour des cas de maltraitance ou les décèlent eux-mêmes lors, par exemple, de visites à domicile par un agent de quartier. Sont-ils formés pour identifier ces cas ? Quel est le suivi qui y est apporté ?

–        Quelles sont les actions menées par la Police au niveau de l’information, de la prévention ou de la protection, pour lutter contre la maltraitance des personnes âgées et ceci, en collaboration ou non avec les services de Prévention des Communes, de la Région ou d’associations spécialisées

Je vous remercie pour votre réponse.

Réponse du chef de corps:

  • Existe-t-il des estimations de cas de maltraitance des aînés au niveau de notre zone de police, que ce soit à domicile, dans des institutions publiques ou privées ?

Il est extrêmement difficile d’estimer l’ampleur du phénomène car il regroupe des typologie de faits différents non homogènes (Violence intra familiale, coups et blessures, maltraitance,…). Cela dépasse le cadre de notre seule zone de police. Nous avons sollicité le DIRCO (Police Fédérale) afin de préparer une analyse sur la victimologie des seniors en Région bruxelloise pour quantifier le phénomène.

  • Est-ce que les services de la police sont appelés pour des cas de maltraitance ou les décèlent eux-mêmes lors, par exemple, de visites à domicile par un agent de quartier. Sont-ils formés pour identifier ces cas ? Quel est le suivi qui y est apporté ?

La sécurité des seniors fait partie des priorités de la zone de police en matière de sécurité pour la période 2020-2025. Les faits de violence, de maltraitance font l’objet de suivi en fonction du dossier et des circonstances. Cela implique un suivi du Parquet, de nos services d’enquête et une assistance de la part du Service d’Assistance Policière aux Victimes. Les inspecteurs de quartier représentent une source d’information précieuse pour identifier les problématiques de par leur ancrage local. Cela peut concerner les faits de violences, les personnes dans le besoin (démence, sénilité,…), les violences intra-familiales (entre époux ou entre ascendants).

  • Quelles sont les actions menées par la Police au niveau de l’information, de la prévention ou de la protection, pour lutter contre la maltraitance des personnes âgées et ceci, en collaboration ou non avec les services de Prévention des Communes, de la Région ou d’associations spécialisées?

Il n’y a pas de prévention spécifique organisée par la zone de police. Ce type d‘information nécessite une approche générale bruxelloise au niveau de la Région et des communes. Notre zone de police mettra cette thématique à l’agenda de ces réunions avec Bruxelles Prévention Sécurité (BPS) dans le cadre des actions développées pour la priorité « atteinte à l’intégrité de la personne » du Plan Global de Sécurité et de Prévention (PGSP) 2021-2025.