Question écrite d’Aurélie Czekalski, conseillère communale.
Monsieur le Bourgmestre, chers membres du Collège,
Les tags et graffitis font hélas partie intégrantes des nuisances visuelles du paysage de Bruxelles. Alors qu’il est légalement possible d’effectuer du « street art » en concertation avec l’autorité communale, nous constatons une forte augmentation des dégradations de biens publics et devantures privées des riverains et commerçants.
Malgré que ces incivilités peuvent être lourdement sanctionnées, c’est sur les riverains que pèse la charge de les faire enlever.
Le Règlement Général de Police en vigueur impose aux riverains de faire disparaitre le graffiti, visible de la voie publique, de son bien privé. Cette démarche vise à lutter contre ces actes de vandalisme plus rapidement. La commune propose de mettre à disposition gratuitement des riverains la cellule anti-tags. Il s’agit de deux équipes de deux ouvriers affectées au sein de l’Échevinat des Travaux à la lutte contre les tags. Ces équipes procèdent au nettoyage des bâtiments communaux ainsi que de certains ouvrages comme les ponts de chemin de fer.
Monsieur le Bourgmestre, chers membres du Collège, permettez-moi de vous poser les questions suivantes :
- Quel est le bilan du travail effectué par la cellule anti-tags ?
- Combien d’interventions de la cellule anti tags au sein de la commune ont déjà eu lieu ?
- Concernant les actes de vandalisme :
- Comment est organisée la coopération avec la zone de police dans la lutte contre les tags au sein de notre commune ?
- Combien de plaintes ont été déposées ?
- Combien de sanctions ont été appliquées ?
- Quel est le pourcentage de récidivistes ?
- Quel en est le bilan et la ventilation par actes de vandalisme ?
- Est-ce que des travaux d’intérêts généraux peuvent être le cas échéant envisagés ?
- La commune organise un partenariat afin de permettre l’ « embellissement » des boitiers électriques. Est-ce possible d’établir une politique de prévention plus élargie et d’envisager d’engager ces artistes pour la décoration par exemples de certains murs d’écoles, crèches, friperies, local scouts, etc ?
- Toujours en terme de prévention, y-a-t-il des murs disponibles dans la commune d’Uccle que nous pourrions déclarer comme « mur d’expression » afin que les artistes puissent se concentrer sur un espace spécifique ?
Je vous remercie pour vos réponses.
Réponse du Collège :
La cellule anti-tags se compose d’une seule équipe de 2 ouvriers et non de 2 équipes de
2 ouvriers. Elle relève du service Voirie.
Quel est le bilan du travail effectué par la cellule anti-tags ? Combien d’interventions de la cellule anti tags au sein de la commune ont déjà eu lieu ?
Si l’équipe anti-tags intervient parfois sur des bâtiments communaux ou des ponts de chemin de fer, l’essentiel des interventions portent sur biens privés (en 2022, 180 conventions ont été établies entre le service anti-tags et des particuliers). Pour ce qui concerne les ponts de chemin de fer, il arrive que le service ne puisse pas intervenir et que la SNCB s’en charge. La cellule retire des tags sur des façades, des bancs publics, des panneaux de signalisation, des boitiers, des poubelles publiques, des statues, dans les parcs, sur le mobilier des aires de jeux, etc.
A titre exemplatif, au cours de la semaine du 20.03.2023 au 24.03.2023, 37 tags ont été nettoyés (biens privés, boitiers, poubelles, statues, pont, parc).
Pour 2023, la cellule anti-tags a déjà établi 42 dossiers (conventions).
Concernant les actes de vandalisme :
- Comment est organisé la coopération avec la zone de police dans la lutte contre les tags au sein de notre commune.
Les services de police informent les riverains qui introduisent une plainte concernant des tags, qu’un service anti-tags existe à la commune et qu’il peut intervenir gratuitement. Par ailleurs, la police contacte directement la cellule lorsque des interventions urgentes et spécifiques sont requises : tags racistes, xénophobes, antisémites ou liés à la lutte contre la vente de stupéfiants (il est en effet déjà arrivé que le « menu » des stupéfiants soit tagué sur un mur).
Combien de plaintes ont été déposées
Voici le nombre de plaintes introduites auprès de nos services de police :
2012 : 70
2013 : 74
2014 : 54
2015 : 106
2016 : 62
2017 : 33
2018 : 22
2019 : 19
2020 : 30
2021 : 27
Combien de sanctions ont été appliquées ?
Le contrôle des biens pour lesquels un projet de convention a été envoyé en 2022 au propriétaire sans réaction de sa part (il s’agit d’un nombre limité de dossiers), se fera dans le courant de cette année. Certains citoyens font en effet retirer les tags par leurs propres moyens sans nécessairement nous en aviser. Si le même tag est toujours présent, un rappel est alors adressé. Ensuite un nouveau contrôle intervient. Si le propriétaire n’a toujours pas fait le nécessaire, une SAC est établie.
Durant les années 2020-2021 (Covid) aucune SAC n’a été infligée.
Quel est le pourcentage de récidivistes
Le nombre de suspects interpellés est très faible car les auteurs agissent principalement la nuit. Un seul suspect a été intercepté en 2021.
La police nous indique que les auteurs de pareils faits sont, en général, des récidivistes.
Est-ce que des travaux d’intérêts généraux peuvent être le cas échéant envisagés
Oui. Par exemple, en 2013 et 2014, 4 jeunes ont été pris sur le fait et ont dû réaliser des travaux d’intérêt général (uniquement sur des endroits publics – pas sur des biens privés). Un jeune a dû rédiger une lettre d’excuse à l’attention d’une riveraine. Ceci avait été réalisé en coordination avec une assistante sociale de la zone de police Uccle-Watermael Boitsfort-Auderghem.
Concernant la demande de l’embellissement des boitiers électriques, le service de la Propreté avait organisé une campagne avec des artistes pour embellir les boitiers. Une nouvelle convention type sera présentée prochainement au Conseil communal étant donné que nous comptons relancer le projet. Le collectif Propaganza est entre autre intéressé à décorer à nouveau des bornes électriques. Le service de la propreté soutient quiconque se manifeste afin de décorer des bornes.
Rappelons également les projets réalisés sur le mur du terrain de basket chaussée de Neerstalle ainsi que la décoration des tunnels de Calevoet et de la gare du Vivier d’Oie en collaboration avec la SNCB.
