La Commune d’Uccle annonce ce mardi 27 octobre engager une action en justice contre la pollution aux PFAS détectée sur le site de l’entreprise Sicli. Elle se joint, en qualité de partie intervenante volontaire, à la requête en cessation environnementale introduite par Bruxelles Environnement et la Région de Bruxelles-Capitale.
Sicli SA exploite depuis 1961 deux sites le long de la chaussée de Neerstalle à Uccle, où elle fabrique, stocke et distribue du matériel d’extinction d’incendie. Fin 2023, dans le cadre du renouvellement du permis d’environnement, une pollution aux PFAS est avérée sur l’un des deux sites, donnant lieu au lancement d’une étude approfondie. Un an plus tard, Sicli SA est déclarée en faillite mais la pollution subsiste. Selon les dernières analyses, la présence de PFAS équivaut jusqu’à 2.449 fois la norme d’intervention dans le sol contre 10.000 fois dans les eaux souterraines.
Malgré les nombreuses démarches entreprises par Bruxelles Environnement, les curateurs refusent de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour remédier à cette pollution. Celles-ci comprennent notamment la réalisation d’une étude détaillée et l’élaboration d’un projet de mesures d’urgence, finalement pris en charge par le propriétaire du site. Les mesures d’urgence encore inexécutées visent à protéger la santé des riverains et à endiguer, grâce à la suppression des noyaux de pollution, la migration des PFAS dans le sol et les eaux souterraines.
« Dans l’intérêt de la santé des riverains et de la protection de l’environnement, la Commune agit depuis le début aux côtés de Bruxelles Environnement. Les PFAS sont des polluants dits « éternels ». Au-delà du taux de pollution particulièrement élevé, ce n’est pas une pollution anodine. Un plan d’actions a été mis en œuvre, avec notamment l’organisation de 3 séances publiques. L’action en justice était envisagée depuis le départ afin d’obtenir un résultat concret si cela s’avérait nécessaire », explique Maëlle De Brouwer (Ecolo), Échevine de l’Environnement d’Uccle.
Par sa requête en intervention, la Commune d’Uccle exige que la curatelle introduise une reconnaissance de l’état du sol et la mise en œuvre des mesures d’urgence imposées par Bruxelles Environnement, ainsi que toute autre mesure urgente queBruxelles Environnement jugerait nécessaire au vu du danger lié à cette pollution. La Commune demande que ces mesures soient exécutées dans les délais impartis, sous peine d’une astreinte de 10.000 € par jour de retard.
« Le Collège ucclois est mobilisé depuis le début dans ce dossier. Face au refus avéré des curateurs d’intervenir malgré le danger immédiat que représente la pollution constatée pour la santé humaine et la protection de l’environnement, le recours à la voie judiciaire est inévitable. Les riverains ucclois du site à l’origine de la pollution, tout comme la Commune, ne peuvent continuer à subir les dommages qui en résultent. Dans ce contexte, l’intervention volontaire de la Commune aux côtés de la Région de Bruxelles-Capitale et de Bruxelles Environnement se justifie pleinement », conclut Odile Margaux (Liste du Bourgmestre), Échevine des Affaires Juridiques d’Uccle.

