Interpellation de Marion Van Offelen, conseillère communale.

Un groupe de personnes âgées se reposant et discutant sur un banc public, c’est une image du passé. Par manque de bancs publics, une autre image l’a remplacée : celle d’une personne âgée poussant un déambulateur équipé d’un siège pour se reposer et reprendre son souffle.

Je me souviens de l’époque où ma mère, munie de sa canne, n’osait plus sortir de chez elle par manque d’endroits pour s’assoir et se reposer. C’était la fin de son autonomie et le début de son isolement du monde extérieur. Tragique !

Rappelons-le : 20% des Ucclois et Uccloises a 65 ans et plus et nous comptons la plus large proportion de personnes très âgées.

Or, l’espace public révèle des inégalités d’accès auxquelles les personnes âgées fragilisées sont particulièrement exposées.

Ne pouvant compter sur la possibilité de s’arrêter et de s’assoir sur un banc, comme ma mère à l’époque, les personnes âgées et à mobilité réduite hésitent à sortir de chez elles, ce qui ne fait qu’ajouter à leur isolement social. Pour beaucoup d’entre elles, un déplacement demande un effort important et nécessite des pauses régulières. Un espace public dénué de cette possibilité devient inhospitalier, voire inaccessible pour les personnes incapables de se tenir debout pendant une longue durée. La présence de bancs publics à intervalles réguliers  dans chaque rue est donc nécessaire en tenant compte des besoins spécifiques de personnes à mobilité réduite en termes de sécurité(emplacement, éclairage) et d’ergonomie (hauteur des sièges, accoudoirs) et d’entretien. L’harmonisation et l’esthétique de ces bancs sont également des éléments à prendre en compte.

Cette réflexion est également primordiale dans le cadre de notre politique de maintien à domicile. En effet, il est essentiel de faciliter les déplacements de personnes âgées qui ont fait le choix de rester chez elles.

Prenons l’exemple de mon quartier. Les bancs y sont inégalement répartis : avenue Brunard, où j’habite, les trottoirs ont été refaits et sont suffisamment larges et confortables. Et pourtant, il n’y a pas un seul banc même à l’arrivée avenue Montjoie. Dans le Bosveldweg, 2 endroits pourvus de bancs sont particulièrement appréciés par les personnes âgées et PMR, au coin de l’av Moscicki et au coin de l’avenue de la Floride. Par ailleurs, il existe un banc à côté de la boite aux lettres au rond-point de l’av Montjoie. Beaucoup de personnes âgées de mon quartier font leurs courses rue Vanderkindere et rue Edith Cavell. Rue VDK, pas de banc dans la partie commerçante. Rue Edith Cavell, seuls les arrêts de bus permettent de s’assoir.  

Dans chaque quartier, en concertation avec les riverains et les commerçants, on pourrait placer des bancs adaptés à intervalles réguliers, là où l’espace et la configuration le permettent. Selon une étude de l’université de Manchester, l’intervalle entre 2 bancs ne peut être de plus de 50 mètres. L’assise doit être suffisamment haute (environ 50cm) et les bancs doivent être pourvus d’accoudoirs et d’un dossier pour le dos. Les bancs doivent être placés dans des endroits visibles, sûrs et bien éclairés.

Un espace public doté de bancs offre par ailleurs plus de convivialité, de qualité de vie et d’attractivité.

Certains vont rétorquer que les bancs publics attirent des personnes « indésirables » : sans-abris, mendiants, toxicomanes ou alcooliques qui vont déranger le voisinage. La volonté de contrôle amène les Autorités à retirer ces bancs. Ces mesures se font cependant au détriment de l’ensemble des usagers, en particulier des personnes âgées, et traitent en réalité les symptômes d’un problème social. Si certains bancs sont occupés par des personnes en difficulté, c’est une manière de les repérer et de leur venir en aide par des services sociaux adaptés. 

Mes questions

  • Existe-t-il un cadastre des bancs publics à Uccle avec leur répartition sur la Commune ? De combien de bancs dispose-t-on à Uccle ?
  • Existe-t-il un plan d’ensemble/des projets pour l’installation de nouveaux bancs publics afin de combler les vides et de permettre de s’assoir à intervalles réguliers ?  Pourrait-on adopter, dans ce cadre, une approche de terrain, par quartier ?
  • Dans le cadre du plan « piétons » visant à favoriser la mobilité à pied, existe-t-il une réflexion sur le mobilier urbain adapté aux personnes âgées et à mobilité réduite ? 
  • Pourrait-on faire appel à des subsides de la Région de Bruxelles-Capitale ?

Je vous remercie pour votre attention et vos réponses.