Question écrite de Mme Marion Van Offelen au Conseil de Police.
En mai dernier, notre brigade cycliste était opérationnelle. Elle a donc vu le jour dans des circonstances bien particulières, en pleine crise du coronavirus.
Cette police de proximité, composée de 9 agents, a été particulièrement bien accueillie par les citoyens. Nous pouvons la féliciter pour son action !
Le 17 février dernier, je vous interrogeais sur ses missions, son mode de fonctionnement.
Six mois après son lancement, je serais intéressée de connaître
1) Votre premier bilan de cette demi-année de fonctionnement et les principales leçons apprises. Dans quelle mesure la crise sanitaire a eu un impact sur les priorités opérationnelles de la brigade et sa manière de fonctionner
2) Plus spécifiquement, les actions et leçons apprises concernant les cyclistes. En effet, une des missions de la brigade est d’assurer la sécurité routière, en mettant l’accent sur la protection des usagers faibles.
- Dans ce cadre, quelles ont été les points spécifiques d’attention de la brigade et les actions menées vis-à-vis des cyclistes, de plus en plus nombreux ?
- Quels ont été, selon la brigade cycliste, les problèmes les plus souvent rencontrés ou les plus problématiques en termes de sécurité routière ? Le manque d’infrastructures adaptées ? Des comportements inappropriés de cyclistes ou d’autres usagers de la route à leur égard (Par exemple, cyclistes roulant sans phares ou brûlant des feux rouges ; automobilistes s’arrêtant sur des pistes cyclables ou des espaces réservés aux cyclistes devant les feux de signalisation)
- Quelles leçons en tirer pour un juste équilibre entre prévention et sanction face à des comportements particulièrement dangereux, tel que rouler sans phare le soir en hiver, et arriver à une mobilité mieux partagée dans le respect mutuel et mieux sécurisée ?
3) Sur base du bilan de ces 6 premiers mois de fonctionnement, quelles sont les perspectives d’avenir pour la brigade cycliste ? Envisagez-vous d’ajuster les missions de la brigade ou de donner davantage de priorité à l’une ou l’autre de ses missions ? A terme, serait-il souhaitable d’élargir son cadre opérationnel ?
Je vous remercie pour votre attention.
Réponses:
| Votre premier bilan de cette demi-année de fonctionnement et les principales leçons apprises. Dans quelle mesure la crise sanitaire a eu un impact sur les priorités opérationnelles de la brigade et sa manière de fonctionner ?Notre brigade cycliste zonale est devenue opérationnelle le 04 mai 2020. La création de cette unité cycliste répondait à un besoin de rapprocher les services de police du citoyen, en s’intégrant dans une stratégie de « Community Policing ». Autrement dit, être proche de la population en étant à l’écoute de ses besoins et ses préoccupations. Notre stratégie opérationnelle a donc mis le focus sur la visibilité ainsi que sur le partenariat. Des contacts ont été pris immédiatement avec différents acteurs de la sécurité, notamment, Bruxelles Mobilité, les services communaux de prévention, les directions d’écoles plus sensibles,… D’autres acteurs nous ont aussi proposé une collaboration de leur propre chef comme par exemple le GRACQ, les gardiens de la paix de Uccle et d’Auderghem. La visibilité rend les bikers accessibles pour la population qui en quelque sorte se les approprie en termes d’identification. Nous avons eu beaucoup de retour en ce sens. La campagne de |
| communication dans les journaux communaux et sur les réseaux sociaux a suscité une attente et une curiosité positive.Après 6 mois de fonctionnement, nous pouvons constater que les Bikers ont parfaitement intégré la philosophie du service et le démontrent au quotidien dans leurs façon d’être mais aussi dans leurs tâches journalières. Ils assurent des fonctions de proximité, de prévention mais aussi de répression, tant sur le plan judiciaire que du roulage. Du 4 mai au 30 septembre, les Bikers ont rédigé 558 procès-verbaux. Dont 75 Procès-verbaux judiciaires, 198 perceptions immédiates, 243 sanctions administratives communales et 42 procès- verbaux roulage classique. Mentionnons également 5 arrestations en matière judiciaire et 3 arrestations administratives. On constate un équilibre entre la prévention et la sanction, entre la proactivité et la réaction. Le week-end la présence d’une équipe de 2 Bikers est également assurée. Les patrouilles sont alors orientées vers la sécurisation des commerces, des diverses activités organisées (marchés, brocantes, braderies, …) mais aussi des chemins de promenade forestiers et les parcs.Les débuts de la brigade ont été marqués par la crise sanitaire liée au Covid. Cela a considérément changé les priorités de patrouilles. Le respect des règles Covid et des gestes barrière étaient alors primordial. Les patrouilles quotidiennes ont été orientées dans les endroits difficilement accessibles par les services motorisés, comme les parcs, plaines de jeux,…. les bikers ont aussi assisté les drones de la police fédérale à maintes reprises. Leur mobilité et leur rapidité ont été un réel atout durant cette période difficile. Cela a permis de couvrir un espace beaucoup plus grand mais aussi de soulager certaines équipes du service intervention qui ont alors pu être réorientées vers les missions qui leurs étaient propres. L’approche préventive a permis de faire prendre conscience à certains l’importance des mesures imposées tandis que l’approche plus répressive a contribué à recadrer les plus récalcitrants.2. Plus spécifiquement, les actions et leçons apprises concernant les cyclistes. En effet, une des missions de la brigade est d’assurer la sécurité routière, en mettant l’accent sur la protection des usagers faibles. |
| a) Dans ce cadre, quelles ont été les points spécifiques d’attention de la brigade et les actions menées vis-à-vis des cyclistes, de plus en plus nombreux ? Les membres de la brigade cycliste assurent de manière quotidienne une présence rassurante et bienveillante dans le quartier des différentes écoles de la zone de police mais aussi au niveau des arrêts des transports en commun. Ils surveillent principalement des éventuels problèmes liés à la mobilité mais aussi aux incivilités et à la délinquance. Comme mentionné précédemment leur philosophie est de fournir un travail préventif, proche du citoyen. Et cela concerne bien sûr également les cyclistes avec une attention sur les plus jeunes. |
| Les contacts avec les cyclistes et piétons sont quotidiens, ceux-ci profitant dede la présence des bikers pour poser des questions sur la législation routière, l’équipement du vélo, des conseils plus techniques,… Le vélo est un bon moyen pour entamer une interaction citoyen/police.Parallèlement à cela, ils ont eu l’occasion d’organiser 4 opérations sur la zone de police. Opérations orientées tant en matière de roulage que judiciaire. Citons notamment des actions ayant pour thème le respect des feux de signalisation par les cyclistes et autres usagers faibles, le respect des sens uniques par les cyclistes, la visibilité du cycliste le soir (action be bright use a light) mais aussi la prévention contre le vol de vélo et ce, en partenariat avec mybike.brussels de Bruxelles Mobilité. Les bikers doivent déplorer l’attitude désinvolte de certains cyclistes et piétons. Attitude qui les met eux-mêmes en danger mais aussi les autres usagers. Il y a donc la place pour une réelle mission de conscientisation. La cohabitation avec ces deux types d’usagers constitue une de nos difficultés sur le terrain. La difficulté réside à devoir faire face à l’ignorance mais aussi à l’égoïsme de certains. Cependant, la plupart des usagers sont respectueux de nos remarques et adaptent leur comportement. |
| b) Quels ont été, selon la brigade cycliste, les problèmes les plus souvent rencontrés ou les plus problématiques en termes de sécurité routière ? Le manque d’infrastructures adaptées ? Des comportements inappropriés de cyclistes ou d’autres usagers de la route à leur égard (Par exemple, cyclistes roulant sans phares ou brûlant des feux rouges ; automobilistes s’arrêtant sur des pistes cyclables ou des espaces réservés aux cyclistes devant les feux de signalisation) Le respect du code de la route, principalement par les cyclistes et les usagers faibles reste une priorité pour nous. Lorsqu’une opération en matière de sécurité routière est organisée, nous veillons à rappeler aux différents usagers la bonne pratique et compréhension du code en l’adaptant à leur situation. Nous privilégions ici une approche proactive en donnant par exemple des lampes pour circuler le soir, des informations sur la place à occuper sur la voie publique, … c) Quelles leçons en tirer pour un juste équilibre entre prévention et sanction face à des comportements particulièrement dangereux, tel que rouler sans phare le soir en hiver, et arriver à une mobilité mieux partagée dans le respect mutuel et mieux sécurisée ? Il est encore trop tôt pour tirer ce type de bilan. Mais il est clair que la prévention et la communication permettent d’obtenir de bons résultats. Lors de l’action “be bright use a light” il nous a semblé plus efficace de privilégier un contact avec les citoyens en plaçant les kits de lumière directement sur les vélos, notamment ceux des plus jeunes. La compréhension du message en est plus importante. Les bikers disposent encore de kits qu’ils placeront sur des vélos au gré de leurs patrouilles. Ensuite ils privilégieront les PV d’avertissement qui ont l’avantage d’inciter les personnes à se conformer aux règles sans recevoir d’amende (présenter son vélo en ordre au commissariat). L’important est de réduire le risque d’accident.Pour d’autres comportements comme le franchissement du feu rouge, les bikers sont beaucoup plus intransigeant en raison de la gravité de l’infraction, du risque pour soi-même et les autres usagers de la route. 3. Sur base du bilan de ces 6 premiers mois de fonctionnement, quelles sont les perspectives d’avenir pour la brigade cycliste ? Envisagez-vous d’ajuster les missions de la brigade ou de donner |
| davantage de priorité à l’une ou l’autre de ses missions ? A terme, serait-il souhaitable d’élargir son cadre opérationnel ? Notre brigade cycliste n’en est qu’à ses débuts mais son départ est très prometteur. Les bikers ont trouvé leur place au sein de la zone de police mais aussi parmi une série d’acteurs de la société civile ainsi qu’avec les citoyens. Leur polyvalence, mobilité, visibilité ou au contraire leur relative discrétion permettent de diversifier les missions. Les atouts sont de plus en plus exploités tout en tenant compte de |
certains inconvénients (par exemple, la difficulté de prendre beaucoup de matériel ou encore leur dépendance aux patrouilles motorisées lors d’une arrestation).
Un bilan plus global sera tiré lorsqu’une situation sanitaire plus normale sera de retour dans notre ville.
Il est évident que notre société évolue, les modes de déplacements changent de même que l’image de la police et les attentes des citoyens envers les services de police. La police se doit d’être plus proche des citoyens, bienveillante et rassurante. L’accessibilité fait partie de cette stratégie et le vélo est un des moyens. Notre zone de police a ainsi équipé tous ses inspecteurs de quartier de vélos électriques. L’opportunité d’étendre cette dynamique sera bien sûr étudiée dans le futur.

