Question écrite de M. Jérôme Toussaint au Conseil de Police.

Au vu des chiffres pour le moins interpellants (pour ne pas dire choquants) d’une étude interne sur le bien-être au travail menée au sein de la police fédérale et d’une dizaine de zones de police locale, je souhaiterais savoir ce que fait concrètement notre Zone pour favoriser le bien-être de nos agents.

En outre, est-ce que des mesures particulières sont prises pour prévenir les « burn out » (qui sont souvent liés à un manque d’effectifs) ou certaines formes d’harcèlement ?

Enfin, avons-nous une politique spécifique en matière de « gender » ?

Vous remercie d’avance pour vos réponses.

Réponse à la question écrite:

La lutte contre les violences et le harcèlement sur le milieu du travail est un enjeu majeur afin de garantir la sécurité et le bien-être de nos collaborateurs. Il convient donc de bien cerner la problématique afin de proposer le meilleur accompagnement possible à chacun en fonction de son cadre de travail. De nombreuses initiatives ont ainsi été lancées dans notre zone de police au cours des dernières années depuis 2011, date de l’enquête interne menée dans la zone de police Uccle/W-B/Auderghem concernant l’analyse des risques psychosociaux. Ce processus n’est pas figé et évolue en fonction du vécu de nos collaborateurs, des changements sociétaux et des initiatives prises en place par nos partenaires dans le domaine du risque psychosocial.

Contexte et résultats de l’enquête de la police fédérale : de grandes disparités entre le niveau fédéral et le niveau local

En ce qui concerne l’étude citée par le reportage, il s’agit d’un document réalisé en 2018 (en annexe) qui concerne en premier lieu et surtout la police fédérale. Notre zone n’y a pas été associée. 12 zones de police locales ont participé à cette enquête pour déterminer une éventuelle différence entre services de police.

Il en ressort :

·         Qu’il y a significativement plus d’hommes, moins de travailleurs de 45 ans et plus ainsi que d’avantage de travailleurs avec un niveau d’études plus élevé à la Police fédérale.

·         Que les résultats de la Police locale sont plus proches de ceux du travailleur belge moyen que ceux de la police Fédérale

·         Hormis la différenciation de sexe, les items Harcèlement moral, violence avec auteur interne, Harcèlement sexuel et discrimination sont sensiblement identiques à la police fédérale et locale que dans la population générale.

·         En isolant les travailleuses de la police fédérale par rapport aux femmes de la population générale, deux items sont plus importants, le harcèlement sexuel (2x plus de cas) et la discrimination (2,3x plus de cas)

On constate également que les collaborateurs de la police locale subissent 50% d’agressions verbales et 70% d’agressions physiques en plus émanant de tiers (citoyens) que leurs collègues de la police fédérale.

Notre zone de police dispose de différentes structures pour favoriser le bien-être des membres du personnel :

Une cellule d’appui psychosocial est intégrée à notre service interne de prévention et de protection au travail. Elle offre un soutien aux membres du personnel présentant des difficultés psychosociales ayant un impact au travail, comme par exemple stress, burn out, problèmes avec l’alcool, …

Elle contacte systématiquement tout collègue ayant une absence de longue durée pour raison de maladie.

Notre cellule d’appui psychosocial gère aussi le Helpteam et les personnes de confiance.

Le helpteam est composée de policiers volontaires. Leur principale mission consiste à intervenir suite à un évènement potentiellement traumatisant, afin d’apporter un accueil et un soutien immédiat aux collègues. Le relais est ensuite assuré par la cellule d’appui psychosocial.

Quant aux personnes de confiance, elles sont présentes pour répondre aux obligations du Code du bien-être. Ils écoutent, conseillent et interviennent dans le cadre de situations indésirables sur le lieu de travail comme par exemple des conflits entre collègues avec la ligne hiérarchique, des comportements inappropriés en ce compris le harcèlement moral ou sexuel, la violence au travail,…

Toute personne qui estime subir un risque psychosocial peut s’adresser en toute confidentialité à une personne de confiance.

Différentes sensibilisations ont également été organisées ces dernières années au sein de la zone.

D’une part, nous avons organisé en collaboration avec notre service externe de prévention et de protection au travail, une sensibilisation de la ligne hiérarchique au bien-être au travail. Cette sensibilisation avait pour objectif de les informer de leurs obligations en tant que membre de la ligne hiérarchique.

D’autre part, nous avons organisé en collaboration avec le Stressteam de la Police Fédérale, une sensibilisation de la ligne hiérarchique au Helpteam afin de rappeler aux superviseurs et aux teammanagers l’existence du Helpteam et sa plus-value pour le personnel opérationnel.

Ces sensibilisations ont permis de rappeler à la ligne hiérarchique l’importance d’être attentif aux collègues, d’être bienveillants les uns envers les autres et de relayer les personnes qui se trouvent en difficultés vers les services compétents afin de prévenir les risques psychosociaux, dont notamment le burn-out.

Pour répondre à la partie de la question relative à la politique « gender »,  la zone de police a désigné il y a quelques années deux policières de référence en charge de la lutte contre les discriminations.

Une réflexion dans cette matière et notamment au niveau de l’égalité hommes-femmes dans notre zone de police a été initiée en ce début d’année. Elle devrait déboucher dans les mois à venir sur la mise en place d’un plan d’action diversité dans notre zone de police. Nous tiendrons au courant les membres du Conseil de police de l’évolution de ce dossier.