Question orale de Mme Marion Van Offelen posée au Conseil de la zone de police Uccle – Watermael Boitsfort – Auderghem.

La presse a récemment fait écho de l’augmentation importante du nombre de Partenariats Locaux de Prévention (PLP) en Belgique. Pour rappel, il s’agit d’un accord de collaboration conclu entre la police locale et les citoyens d’un quartier déterminé pour accroître le sentiment de sécurité, améliorer la cohésion sociale, ainsi que la prévention dans la criminalité. Comment ? Par un échange d’informations. 

Comme le dit Philippe, un habitant de Woluwé-St- Pierre, l’initiateur et le coordinateur d’un PLP à Woluwé-St-Pierre, qui a été interviewé : « Les gens s’imaginent parfois des rondes, des voisins qui s’épient les uns les autres derrière leurs rideaux. Rien à voir avec cela ! C’est un système avant tout convivial qui repose sur la proximité, sur le fait que les voisins se connaissent et veillent les uns sur les autres »

Tout citoyen ou commerçant peut prendre l’initiative d’un PLP. Mais une série de démarches est nécessaire pour obtenir l’agrément du SPF Intérieur. Il faut choisir un coordinateur qui est un habitant du quartier, créer un comité de pilotage entre participants actifs, rédiger une charte, qui doit être approuvée par le Bourgmestre et la Police, et un ROI. A son lancement, la zone est signalée par un panneau spécifique : « Les voisins veillent » et les participants peuvent placer un autocollant sur leurs maisons, ce qui a un effet dissuasif.

Depuis une dizaine d’année, les partenariats locaux de prévention ont le vent en poupe. Ils prennent pied dans beaucoup de communes belges, à l’initiative d’habitants ou de commerçants soucieux d’une plus grande solidarité au sein d’un quartier et d’une collaboration plus efficace entre eux et avec la police locale.

Alors qu’en 2015, on comptait 745 PLP en Belgique, ils sont cette année 1281, dont la plus grande partie en Région flamande. On constate également une forte augmentation en Région wallonne. Dans cette région, ils sont passés de 176 à 236 en seulement 2 ans. Par contre, la Région bruxelloise ne compte actuellement que 9 PLP, dont 2 de commerçants, notamment à Woluwé-St Pierre et à Ganshoren.  

De manière générale, les PLP renforcent le sentiment de sécurité en travaillant de manière complémentaire et préventive à l’action de la police.

Ce qui semble intéressant avec les PLP, c’est que les citoyens contribuent concrètement à renforcer la sécurité de leur propre cadre de vie ou de travail.  Il semble qu’à Ganshoren et à Woluwé St Pierre, les quartiers couverts par des PLP ont connu une nette baisse de la criminalité. 

En outre, les PLP créent une véritable dynamique dans un quartier, plus de solidarité et de cohésion sociale. Donc, en plus d’une action basée sur la sécurité, un autre point positif est que le PLP crée un climat de convivialité dans le quartier. Les gens se connaissent, communiquent entre eux, s’entraident, se font confiance

Selon les statistiques de criminalité du SPF intérieur, à Uccle les cambriolages, après une forte baisse ces 6 dernières années, ont fort augmenté en 2018 par rapport à 2017, passant de 579 à 738 dans les habitations et de 128 à 132 dans les commerces. 

A Uccle, à ma connaissance, il n’existe pas de PLP. Est-ce que ces partenariats ne pourraient pas contribuer à prévenir les vols et à renforcer le sentiment de sécurité dans les quartiers?

Lors de notre récente visite au Commissariat du Square Marlow, en réponse à une question que j’avais posée à ce sujet, on m’a indiqué qu’un PLP dans une zone commerçante uccloise était envisagé.

Mes questions sont les suivantes :

  1. Sur base des expériences et leçons apprises dans d’autres communes, est-ce que la zone de police est favorable aux PLP ?
  2. Est-ce que des initiatives ont été prises par des quartiers, qui pourraient être encouragées ?
  3. Est-ce qu’à Uccle, il est envisagé de lancer des PLP dans plusieurs quartiers commerçants ? 

Marion VAN OFFELEN