Interpellation de M. Patrick Zygas.
Le protoxyde d’azote a été découvert par un chimiste britannique Joseph Priestley en 1773. Ses propriétés euphorisantes ont été utilisées comme attraction en foire.
Au 19ème siècle le dentiste Horace Wells a mis en évidence des propriétés anesthésiantes.
Et au 20ème siècle, le protoxyde d’azote est utilisé en médecine comme antalgique pour les anesthésies générales mais à une concentration de 60%.
Ce protoxyde d’azote a remplacé depuis quelques années le CO2 contenu dans les cartouches de siphon pour la chantilly. Ces cartouches sont disponibles dans les supermarchés au prix +/- 20 € pour un pack de 24.
L’utilisation de ce gaz propulseur a été détourné de son rôle initial à des fins peu louables.
En effet, d’accès facile et bon marché, il se consomme aisément par transfert de sa petite bombonne dans un ballon de baudruche afin d’être réchauffé avant d’être inhalé. S’il est inhalé directement, la personne s’expose à un risque d’engelure et d’embolie pulmonaire.
La respiration de ce gaz à une concentration de 100% procure une sensation de bien-être et de fous rires comme vous avez pu le voir dans les réseaux sociaux. Mais il peut provoquer de nombreux effets secondaires comme : la perte de connaissance, le risque d’hypoxie (manque d’oxygène des tissus), des lésions du système nerveux avec perte de sensibilité, maux de têtes, vertiges, troubles du rythme cardiaque et anémie (par inactivité de la vitamine B12).
Pour l’ASBL EUROTOX (observatoire socio-épidémiologique alcool-drogues en Wallonie et à Bruxelles) il est difficile d’évaluer l’ampleur de cette consommation. Mais ces petites bonbonnes vides retrouvant de plus en plus dans les espaces publics confirment l’augmentation de la consommation du protoxyde.
Au prix de +/- 1€ par bombonne, ce gaz est considéré comme une drogue bon marché et en vente libre, peut être la première étape vers la consommation d’autres drogues plus chères et plus dures.
Dès lors je propose de vous soumettre quelques mesures élémentaires vis-à-vis de cette nouvelle drogue :
- 1) Organiser une campagne de prévention en informant les adolescents, les parents et les commerçants sur les risques de sa consommation (Wolvendael).
- 2) Interdire sa consommation dans les espaces publiques
- 3) Pénaliser le dépôt des cartouches dans les espaces publiques
- 4) Proposer un marquage sur les emballages des cartouches précisant la dangerosité encas d’inhalation de ce gaz.
Voici développé en quelques lignes un fait de société est en augmentation discrète et pour lequel, nous ne pouvons rester indifférents.
Je vous remercie pour votre attention
Patrick Zygas
Référence : le Journal du Médecin, 20 septembre 2019, N° 2600, page 36
