Question orale de Marion Van Offelen, conseillère de police.
En octobre 2019, j’étais intervenue lors du Conseil de Police sur les accidents de cyclistes, ayant été moi-même victime d’un grave accident de vélo.
Cet accident n’ayant pas impliqué de tierce personne, n’a pas fait l’objet d’un constat de la police. Il n’a donc pas été repris dans les statistiques officielles,
Suite à cet accident, j’avais consulté le baromètre de la sécurité routière de l’Institut VIAS qui alertait sur le fait que le nombre d’accidents corporels de cyclistes était en forte augmentation mais que les chiffres officiels étaient bien en deçà de la réalité car ils ne tenaient pas compte du « dark number », c’est-à-dire, le nombre d’accidents corporels non-enregistrés.
Une de mes questions portait précisément sur la manière de combattre ce phénomène de non-enregistrement pour arriver à des statistiques plus fidèles à la réalité et en tirer des conclusions en matière de sécurité routière et de priorités politiques qui en découlent. Je proposais de faire appel aux données recueillies par les services d’urgence et les hôpitaux.
La presse de ces derniers jours nous a appris que c’est maintenant chose faite. L’Institut VIAS a examiné les données hospitalières belges de 2005 à 2020. Les résultats de cette étude viennent d’être divulgués. Ils confirment que le nombre de blessés graves dans la circulation est largement sous-estimé en Belgique. Pour chaque cas enregistré officiellement par la police, il y aurait en réalité quatre personnes admises à l’hôpital, estime Vias.
Par ailleurs, plus de quatre blessés de la route sur dix sont des cyclistes et cette proportion a augmenté ces dernières années. Elle est montée de 27% des blessés graves en 2005 à 43% en 2019 (alors le nombre de blessures graves parmi les autres usagers de la route a baissé ces dernières années). Ce sont surtout les plus jeunes et les plus âgés qui sont gravement blessés en tant que cyclistes. Par ailleurs, dans la moitié des accidents graves, il n’y a pas de partie adverse et le cycliste a simplement chuté.
Chez les cyclistes, la partie du corps la plus touchée dans les accidents grave est la cuisse (y compris la hanche) à 41%, ce qui a été mon cas. Viennent ensuite les blessures à la tête à 40%.
Mes questions sont les suivantes :
- Disposez-de ces données hospitalières pour les accidents de cyclistes survenus à Uccle ? ou dans notre zone de police ?
Si oui, que montrent-elles comme résultats par rapport aux données policières ?
- VIAS plaide pour des infrastructures de qualité afin d’éviter les accidents. Les communes, et la commune d’Uccle en particulier, investissent dans ce domaine. Par ailleurs, la Commune d’Uccle, avec diverses associations, investit également dans la formation des jeunes cyclistes dans les écoles, ainsi que des seniors.
Mais un autre aspect essentiel en matière de sécurité routière est le respect du code de la route par les cyclistes de plus en plus nombreux. Ce qui signifie plus de contrôles et des sanctions plus sévères. A cet égard, quelles sont les données policières en matière de contrôle et de sanctions,notamment par notre brigade cycliste, au niveau de la Commune d’Uccle (et de notre zone de police) ces 3 dernières années ? Sont-elles en augmentation ? Quels sont les types de contrôle effectués et les types de sanction les plus courants ?
- Enfin, ne faudrait-il pas inciter, sensibiliser les citoyens à toujours contacter la police en cas d’accident avec blessés pour que ces accidents soient répertoriés ? Le premier réflexe lorsque l’on a un accident de vélo ou que l’on assiste à un accident de vélo avec blessé est d’appeler le 112. Mais pas la police.
Je vous remercie pour vos réponses.

