Interpellation de Mme Marion Van Offelen.
Le 16 septembre dernier, j’ai été victime d’un sérieux accident de vélo à Uccle, avenue des Eglantiers, n’ayant pu éviter un coussin berlinois. Aux urgences de St Elisabeth se trouvait, en même temps que moi, Albert, un jeune de 23 ans, qui suite à une chute au rond-point Churchill, souffrait d’une fracture du crâne.
Or, ces deux accidents, n’ayant pas impliqué de tierce personne, n’ont pas fait l’objet d’un constat, ni d’un PV de la police. De ce fait, ils n’ont pas été répertoriés et ne sont dès lors pas repris dans les statistiques officielles d’accidents de la route.
En septembre dernier, VIAS a publié le baromètre de la sécurité routière pour le premier semestre de 2019. Les chiffres officiels, basés sur les PV de la police fédérale et des zones de police locale, montrent que le nombre de blessés, suite à un accident de vélo en région de Bruxelles-capitale, a augmenté de 52,43% par rapport à 2018 (contre + 20% pour la Belgique).
VIAS reconnait que ce pourcentage très préoccupant est bien en deçà de la réalité car il ne tient pas compte de ce qu’il appelle le « dark number » qui est le nombre considérable d’accidents corporels non-enregistrés, comme le mien. A noter que ces accidents sont souvent de nature différente et méritent donc une analyse spécifique (il s’agit notamment, de chutes de cyclistes « seuls », dûs à la perte de contrôle du vélo à cause d’un revêtement en mauvais état ou glissant, de la présence d’un obstacle tel qu’un coussin berlinois, d’une bordure ou encore de rails de tram).
Les chiffres de VIAS confirment donc qu’il y a un véritable défi en matière de sécurité des cyclistes et que si l’on prend en compte le phénomène de sous-enregistrement, ce défi est encore plus interpellant.
{A noter, que dans le rapport de VIAS, les catégories d’usagers de la route ne comprennent pas les nouveaux modes de mobilité, notamment les trottinettes électriques. Les victimes d’accidents de trottinette sont donc également « invisibles », alors qu’elles sont de plus en plus nombreuses. « Les urgences orthopédiques explosent ! » – cf La Libre Belgique du 15/10)}
Les constats d’accidents ayant provoqué des blessés graves, comprenant une description des circonstances, sont des sources objectives d’informations qui sont extrêmement utiles pour cartographier les points noirs ou aménagements non adaptés de notre commune. Ils font partie de la panoplie d’outils nécessaires à toute politique visant une meilleure sécurité des cyclistes.
De son côté, le GRACQ m’a dit avoir transmis à la commune un inventaire de points dangereux, basé sur des observations de cyclistes quotidiens.
Partant du fait que le manque de sécurité est le premier frein à la pratique du vélo en ville, mes questions sont les suivantes :
- Est-ce que ces rapports d’accidents/d’observations, transmis par la police et le GRACQ, sont analysés par les services communaux de la mobilité et des travaux publics, sont répertoriés et cartographiés ?
- Donnent-ils lieu à (i) une réflexion sur l’aménagement des zones qui présentent un plus grand danger pour les cyclistes et (ii) à une priorisation ou une adaptation éventuelle des investissements planifiés à moyen ou plus long terme ? (par ex, donner la priorité à l’aménagement d’un carrefour dangereux, ou à une meilleure signalétique des dangers des rails de tram, plutôt qu’à la création d’un nouveau cheminement cyclable)
- Pour faire face au phénomène de sous-enregistrement des accidents, et compléter les données officielles, serait-il possible de contacter les services d’urgence des hôpitaux ucclois pour obtenir des informations dépersonnalisées sur les circonstances des accidents n’ayant pas fait l’objet de constats ? Enfin, cette question de sous-enregistrement des accidents méritant d’être abordée sur l’ensemble de la région, j’avais proposé lors du dernier Conseil de Police qu’elle soit placée à l’agenda de la Conférence des Bourgmestres et suis heureuse de la réaction positive de notre Bourgmestre.
